L'analyse des éléments financiers de l'exploitation

Publié le par RR

L'analyse des éléments financiers de l'exploitation

Les limites de l'apport de la comptabilité
Contrôle de gestion et suivi des coûts variables
 
Article paru sur le site expert ‘Le Retournement’, management de transition pour le redressement des résultats d'exploitation  des entreprises sous performantes.
 
(avantage d’Internet TOUS les liens sont actifs)
 
"Les limites de l'apport de la comptabilité
Les règles comptables ont plus une finalité légale et fiscal que de gestion (voir:Les comptes de l'entreprise ne sont pas faits pour elle ). Ainsi il importe de se méfier des "faux amis" que véhicule la comptabilité. Le chiffre d'affaires et le résultat net sont de très mauvais indicateurs de croissance et de rentabilité pouvant cacher une décroissance réelle (situé au niveau de la valeur ajoutée) et une dégradation de la rentabilité de l'exploitation (situé au niveau de l'excédent brut d'exploitation).
 
Les soldes intermédiaires de gestion
L'analyse d'un compte de résultat peut utilement être menée au niveau des grandes masses que constitue les soldes intermédiaires de gestion (chiffre d'affaires, marge brute, valeur ajoutée, excédent brut d'exploitation, … capacité d'autofinancement) que les experts-comptables joignent généralement dans leurs liasses.
 
Le chiffre d'affaires (CA) peut être trompeur.
Il est préférable d'examiner l'activité totale qui prend en considération les effets de stockages et des travaux et immobilisations faits pour soi même (parfois leur gonflement peut masquer des pertes ou pour le moins gonfler les résultats).
 
La marge brute (MB) est obtenu après déduction du CA des achats directs des seules matières premières, fournitures, marchandises.
 
Nous préférons la notion de marge sur achats variables qui est obtenue par un retraitement des autres achats et services extérieurs pour reprendre des achats de prestations entrant dans la composition des produits vendus (sous traitance, locations de courte durée spécifiques à certains marchés, ...) afin de déterminer la véritable marge sur la totalité des achats incorporés dans le coût variable des produits.
 
La valeur ajoutée (VA) est obtenue lorsque tous les autres achats (par déduction des autres achats et services extérieurs appelés anciennement frais généraux) sont déduits. Cette valeur ajoutée correspond à la part des ventes qui n'est pas consacrée à l'ensemble des achats.
 
C'est à ce niveau de la valeur ajoutée que se situe la vrai croissance de l'entreprise...

Le taux de croissance réelle de l'entreprise s'exprime par le % d'augmentation de la VA rapportée à la VA de l'année précédente. Le pourcentage de la valeur ajoutée rapporté au chiffre d'affaires n'étant qu'un indicateur comme l'est le taux de marge brute qui ne tient pas compte des prestations extérieures. Le chiffre d'affaires ne traduit qu'une croissance apparente avec recours plus ou moins important à des sous-traitants et/ou des prestataires de services extérieurs qui peuvent apporter un effet de levier sur le montant de la valeur ajoutée.
De plus, nous préférons corriger cette valeur ajoutée "comptable" de la valeur de :
- la main d'oeuvre extérieure (intérim) qui est plus à rapprocher des salaires et charges,
- les locations et crédits-bails de moyens permanents concourant au cycle économique d'exploitation plus proche de la notion de dotation aux amortissements et frais financiers
 
L'excédent brut d'exploitation (EBE) est déterminée après déduction des autres facteurs de travail que sont essentiellement les frais de personnel et quelques impôts.
C'est avec cet EBE qu'il va être possible de rémunérer le troisième facteur qui concourt à l'activité de l'entreprise : les moyens à travers la dotation aux amortissements et les frais financiers, plus quelques opérations dites exceptionnelles parce que ne se rattachant pas au trois facteurs principaux).
C'est l'EBE qui reflète la vrai rentabilité économique ou d'exploitation.
 
Car même avec une croissance de la valeur ajoutée encore faut il que cette croissance soit rentable.
 
Comme indiqué ci dessus, l'EBE doit parfois être corrigé des leasings et locations de moyens de production permanents.

En excluant les amortissements, les charges financières et les éléments exceptionnels, on peut se comparer avec les concurrents quelles que soient leur ancienneté, leur politique d'investissement et de financement.
 
 
Le résultat d'exploitation (comptable) est fortement influencé par le choix fiscal concernant l'amortissement des investissement (durée, dégressivité, exceptionnel, ...). Cette dotation n'est pas une charge réelle de l'entreprise puisqu'elle lui reste acquise.
 
Le résultat courant (comptable) subit en plus l'influence de la politique financière qui engendre plus ou moins de frais financiers.
 
Le résultat net (d'impôt) supporte en outre la double influence des produits et charges exceptionnels ainsi que du taux d'imposition fluctuant parfois d'une année sur l'autre.
 
La capacité d'autofinancement (CAF) : de ce résultat net d'impôt plus la dotations aux amortissements constitue la CAF. C'est à ce niveau de la CAF que se situe ce qui reste pour se développer et éventuellement rémunérer ses actionnaires.
 
Ce que l'entreprise est capable de consacrer à son autofinancement constitue la vrai marge de manoeuvre du gestionnaire et l'indicateur le plus important pour les banquiers,
 
car la CAF doit couvrir :
 
 les remboursements du capital des emprunts anciens et nouveaux
+ l’autofinancement de la partie des immobilisations
+ l’augmentation du besoin en fonds de roulement
+ la dépréciation de certaines créances clients (pertes probables / les provisions).
 
Ainsi c'est là que se construit le patrimoine de l'entreprise et par conséquent celui de ses propriétaires. L''insuffisance de CAF résulte directement de l'insuffisance de l'EBE. Elle a des répercussions directes à court et moyen terme sur l'entreprise (voir : critères bancaires pour limiter le montant des sommes prêtées). 
 
Lorsqu'une entreprise "arrange " son résultat en ne passant pas assez de provision ou effectue des reprises sur des provisions antérieures pour améliorer le résultat bénéficiaire, sa CAF (capacité d'autofinancement) s'effondre ou remonte. Ainsi, l'EBE (excédent brut d'exploitation) reste le plus fidèle indicateur de son résultat d'exploitation.
 
Pour en savoir plus : L'analyse du résultat   
Éléments influençant la rentabilité
Au niveau des soldes intermédiaires du compte de résultat, on voit que :
1) l'évolution de la valeur ajoutée est influencée par :
Ø       11) l'évolution du chiffre d'affaires
(plutôt le volume de l'activité tenant compte de l'évolution des stocks et des  immobilisations pour soi-même)
Ø       12) l'évolution des achats et des charges externes
(généralement les leasing nécessitent un retraitement)
 
2) l'évolution des frais de personnel (et généralement dans une moindre mesure des impôts et taxes) influencé par :
Ø       21) l'évolution des effectifs   
Ø       22) l'évolution des salaires
 
Au delà de l'EBE, le résultat d'exploitation évolue également en fonction des dotations aux investissements et des provisions pour risques
 
Enfin, le résultat d'exploitation influence le résultat courant lui-même influencé également par l'évolution des frais financiers liés aux taux pratiqués et à l'évolution de l'endettement.
 
Souvent une difficulté apparaît puisque les systèmes des prix de revient, tel qu'établi par les comptables, aboutissent encore trop souvent à des coûts complets faisant supporter, par une clé de répartition "arbitraire" une imputation des charges fixes sur des charges variables inutilisable pour la gestion …. particulièrement en phase de réorganisation ou de restructuration voir : Le coût de revient
 
Pour le suivi de gestion,  l'approche de la rentabilité se fait d'avantage à travers :
 
- le suivi budgétaire par établissement, divisions et fonctions (commercial, production, administratif, ...) ...,
 
- le contrôle de gestion par un suivi des coûts variables (appelé également coûts directs par traduction de direct costing). Voir un excellent site de spécialistes dont la caractère clair et synthétique nous évite un plus long développement avantages du direct costing »   
 
management de transition pour le redressement des résultats d'exploitation  des entreprises sous performantes.
 
 
 
 

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