Guide pour l’investisseur par temps de grippe aviaire

Publié le par RR

 
Guide pour l’investisseur par temps de grippe aviaire
 
Partie I du digest
(Cette partie I représente un digest sur la moitié du rapport,
Premier digest qui s’arrête à la fin du connu connu.)
 
Le texte qui suit est un digest – traduction et concentration – réalisé sur le Drakkar Bleu Noir d’un rapport écrit en anglais par les membres de la BMO suivants :
 
Dr Sherry Cooper Executive Vice-Président, Chef Economiste, Global Economist Strategist, past member du staff de Paul Volcker,
 
Donald G.M. Coxe, Global Portofolio Strategist, Chairman and Chief Strategist,
 
La présentation est faite par Mike Miller CFA Director of Research et Paul Campbell, Associate Director.
 
Pour des infos sur BMO
voir dans les articles publiés sur le Drakkar Bleu Noir  santé spécial grippe aviaire impact économique
 
 
 
 
 
 
                 Mike Miller, CFA          Donald G. M. Coxe           Dr. Sherry Cooper
 
 
Ce guide est composé de trois parties : une petite partie et deux développements plus importants.
 
Les idées fortes relevées lors de la lecture sont les suivantes:
 
Partie de commentaires en guise d’introduction (Mike Miller, CFA) :
 
Introduction
 
L’expérience apprend que les positions extrêmes trouvent rarement une réalisation, mais dans les affaires de placements financiers il est nécessaire, sauf à être taxé de négligent, d’envisager les différentes probabilités afin d’établir des stratégies capables de résister aux chocs mondiaux.
 
Il est donc intéressant d’envisager les conséquences de la survenue d’un risque non intégré.
 
Donald Coxe et Sherry  Cooper présentent une thèse bien documentée sur l’impact que pourraient avoir des questions de santé sur les études de placement établies sur le long terme, cela bien que non-spécialistes en santé et donc n’ayant aucune autorité pour dire-prévoir la survenue d’une pandémie de grippe aviaire.
 
On pourrait se maudire d’avoir voulu conserver des positions financières, et en fait de gagner peu par rapport au coût de la mise, et de ne pas avoir pris en compte un éventuel retournement de marché du fait de la survenue d’une pandémie de grippe aviaire, de terrorisme ou de crise financière mondiale.
 
Le but dans un placement n’est pas d’éviter le risque mais de le gérer avec prudence pour surmonter les tempêtes qui peuvent arriver sur les marchés d’investissements.
 
Le connu connu, le connu inconnu, l’inconnu inconnu de H5N1.
 
Développement de Donald G. M. Coxe : Une stratégie mondiale de portefeuille.
 
Les investisseurs sont priés de ne pas voir dans ce rapport un travail d’alarmiste. Rapport dont le but est :
 
d’une part, d’apporter une information sur l’objet étudié. Objet qui pourrait être d’un niveau aussi désastreux que celui de l’épisode de la grippe de 1918 et cela, quand bien même  les faits relatifs à la grippe aviaire ne font pas la une des journaux ; alors que les experts de l’OMS sont inflexibles sur le fait que la question n’est pas SI mais QUAND surviendra cette pandémie, pandémie qui, malgré un vaccin trouvé et utilisé, pourrait faire 50 millions de morts.
 
Ce serait depuis l’entrée de l’Asie du Sud-est dans le commerce mondial la première pandémie. Ainsi la globalisation qui est devenue une des principales sources de force pour les marchés financiers et commerciaux deviendrait leur plus grande vulnérabilité.
 
D’autre part, d’amener les membres de la communauté des affaires à s’impliquer pour convaincre les gouvernements et les services de santé de l’inévitabilité de la pandémie, de prévoir une réponse et d’affecter les moyens financiers pour la réaliser. Comme pour les tremblements de terre ou les attaques terroristes, la date n’est pas connue mais les experts sont pratiquement unanimes sur la survenue prochaine dans un monde, tristement, non préparé.
 
La nouvelle grippe tueuse
 
 
L’OMS a officiellement certifié que la grippe de type H5N1 est endémique parmi les oiseaux et les animaux en Asie. Cela entraînera , pour la prochaine décennie, contrôle et réduction par l’éducation, la vaccination  ainsi qu’une orientation des productions animales et alimentaires vers de saines pratiques. Cela signifie une vigilance apportée  pour éviter une propagation mondiale.
 
Il n’y a jusqu’à présent aucun vaccin trouvé et il est douteux que les processus de fabrication pharmaceutique en place permettent une livraison de doses en nombre suffisant de tout produit efficace. Neuf pays, seulement, ont la capacité de production adéquate pour alimenter le marché. Les Etats Unis ont appris, l’année dernière, qu’ils devaient compter sur l’approvisionnement à l’étranger même pour la grippe « normale » ! Il n’y a qu’une usine importante aux US : elle fait partie du Groupe SANOFI-Pasteur.
 
Cette organisation travaille ainsi au développement d’un nouveau processus de fabrication, basé sur la culture de cellules, avec un problème de taille : le H5N1 est un virus particulièrement meurtrier, ce qui ne facilite pas la fabrication du vaccin.
 
De toute façon, il faut savoir que les fonctionnaires de la Santé sont presque unanimes pour dire que le développement d’un vaccin efficace n’offre pas une garantie de succès contre une pandémie. Une incertitude demeure sur l’efficacité d’un vaccin mis au point alors qu’il devra combattre un virus ayant fortement muté.
 
Un autre souci réside dans la capacité de production qui peine à faire face à la production de vaccin pour la grippe « normale ». Croisez donc les doigts pour qu’aucune pandémie n’apparaisse avant plusieurs années.
 
Autre point relatif aux patients : en temps normal, la vaccination concerne les enfants ou les personnes âgées de plus de 65 ans. Or la grippe de 1918 a été particulièrement meurtrière sur les populations d’adultes dans la force de l’âge, ce qui suppose un vaccin particulier.
 
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Le connu-connu
 
  1. Pandémie
Une pandémie est une maladie infectieuse qui touche de nombreux pays dans un temps très court (une sorte d’épidémie à diffusion instantanément mondiale). Les pandémies peuvent être catastrophiques, comme la peste noire (1345/1350) ou la grippe de 1918 dorénavant typée A/ H1N1, ou moins violente comme la pandémie mondiale de grippe en 1957 et 1968. Les épidémies, quant à elles, sont locales ou régionales. Historiquement les pandémies sont apparues en Asie Orientale et ont touché le monde entier après plusieurs années de diffusion. Ainsi, on pense que la peste noire a tué par vagues successives environ 1/3 de la population de l’Europe.
 
  1. Pandémie de grippe
Selon le CDC, par la voix du Docteur Julie GEBERDING, pour qu’un virus de grippe atteigne le statut de pandémique, il doit avoir 3 caractéristiques principales :
 
Ø       Posséder une nouvelle protéine de surface pour laquelle la population humaine n’est pas immunisée,
Ø       Etre capable d’infecter la population,
Ø       Avoir une facilité pour passer d’une personne à une autre personne,
 
Et elle ajoute que le H5N1 possède 2 des 3 caractéristiques :il n’a pas démontré cette facilité de passer de personne à personne ; le dernier point est, selon notre définition, connu-inconnu.

La grippe, dont il existe 3 types de virus (A,B,C), est connue par des rapports de tous temps : Hippocrate en a écrit il y a 2400 ans
 
Aux USA, des millions de personnes sont infectés par la grippe chaque année ; et, malgré des campagnes de vaccination à grande échelle, une moyenne de 36 000 personnes meurt à cause de la grippe ou des séquelles. La population la plus en danger pour ce type de grippe normale sont les enfants et les personnes de plus de 65 ans. Les scientifiques pensent que le virus de la grippe a subi de fortes mutations par 3 fois au siècle passé, en 1918, en 1967 et tout récemment.
 
  1. La grippe de 1918
A l’échelle mondiale, le niveau des morts imputable à cette grippe est de l’ordre de 25 à 100 millions. Quelques experts estiment qu’elle a tué plus que la peste noire. Le nombre de morts américains est de 675 000, soit 10 fois plus que ceux tués dans la première guerre mondiale (dont la ½ avait été emportée par cette même grippe !).
 
Pratiquement ; le nombre de morts est 7 fois plus important que le nombre de victimes de la 1ère guerre mondiale. L’espérance de vie des Américains a chuté de 10-12 ans en quelques mois.  Le taux de mortalité aux USA était grossièrement de 2.5 % mais les taux de certains pays étaient beaucoup plus élevés : ex en Inde : 5%.
 
Même à ce taux  américain « bas » cette grippe a été 25 fois plus mortelle que la grippe ordinaire (selon Gina KOLATA, cette grippe dans ses chiffres les plus bas, a tué 2 fois plus de personnes en quelques mois que le SIDA sur l’année 1997). L’historien Alfred CROSBY ajoute qu’elle a tué plus de gens qu’aucune autre maladie dans une même période de l’histoire mondiale.
 
Elle est connue comme « grippe espagnole » ainsi nommée après avoir frappé durement l’Espagne.
 
Quelques épidémiologistes croient que le virus originaire de Chine a atterri sur une base militaire du Kansas, après avoir subi une forte mutation. Il a circulé de camp en camp, de mars à avril, pour partir avec la troupe par bateau en Europe. C’était toujours une grippe « douce » affectant les gens durant 3 jours. En avril, a réapparu une mutation sous forme d’un virus mortel à Boston. Ce virus s’est propagé rapidement dans le monde entier, il est retourné en Europe par bateau – les bateaux de la mort. Les médecins ont demandé au Président WILSON de stopper les convois : il refuse, n’ayant eu qu’une légère grippe ! …..
 
Pour ceux qui pensent que c’était juste une grippe désagréable, qu’ils révisent leur jugement !
 
Les visages des patients sont devenus pourpres alors qu’ils suffoquaient et crachaient du sang, et, dans le même temps, leurs pieds devenaient noirs. Ils sont morts comme noyés par un liquide dans leurs poumons.
 
Dans ses publications, le Dr OSTERHOLM note que la grippe de 1918 a été particulièrement mortelle pour les personnes de 20 à 40 ans. Apparemment, cela aurait été dû à la force de leur appareil immunitaire aguerri par les maladies de l’enfance.
 
Paradoxalement, cela signifie que leurs corps ont été amenés à une réponse surpuissante lorsqu’ils ont été attaqués par une maladie précisément inconnue, le nouvel élément pathogène déclenchant une « tempête immunologique classique », une « tempête de cytokine », en 24 à 36 heures leurs poumons devenant des chiffons sanglants.
 
En cas de tempête de cytokine, les processus d’auto-immunité sont à l’œuvre, et, en effet, la victime est tuée par les réactions immunitaires de son corps. Ceux qui avaient  le plus de défenses immunitaires sont morts plus rapidement que ceux qui en avaient le moins.
 
Cette information peut être rapprochée de la description de BOCCACCIO de la peste à Florence, dans le classique DECAMERON, publié en 1350. Il écrivait : « cette peste se renforce chaque fois qu’elle touche des gens plus sains, comme le feu sur l’herbe sèche ou l’huile, elle courait sur les gens sains ». 
 
Aux USA, Philadelphie a été la ville des records les plus terribles : sur 2 millions de personnes, 13 000 sont morts dont 11 000 en octobre. Le virus tuait déjà quand, malgré la mise en garde des fonctionnaires de la santé, la ville s’est rendue à une grande parade de promotion pour les bons de guerre : 200 000  personnes furent spectateurs, le lendemain 635 cas déjà de grippe étaient recensés, avec 139 morts ; les jours suivants, les autorités ont proclamé une épidémie et ordonné la fermeture des églises, des écoles et des théâtres. Faute de cercueils, les corps furent mis dans des fosses communes. La Bell Telephone Company a fait des communiqués de presse en pleine page, demandant aux abonnés de réduire l’utilisation des téléphones, au motif que 800 opérateurs – soit 27 % de ses employés – étaient absents, en raison de la grippe.
 
  1. La grippe du porc de 1976 – le fiasco
Quand le soldat David LEWIS est mort au Fort Dix, l’autopsie a révélé qu’il avait une forme particulièrement puissante de grippe, alors que 4 autres soldats avaient été hospitalisés, mais ces derniers s’en étaient remis. Cette grippe a été identifiée comme la grippe du porc. Les médecins du CDC, l’ayant constaté, se sont rendus chez le Président FORD afin de demander de recourir à une vaccination massive. Ils ont été rejoints par la star de l’époque des épidémiologistes américains : le Dr Jonas SALK, connu pour ses travaux sur la poliomyélite.
 
Le président les a écoutés, et a demandé au Congrès des fonds spéciaux pour une vaccination massive. Une vaccination d’urgence à une grande échelle a été approuvée et mise en œuvre avec le soutien de l’industrie pharmaceutique et de la profession médicale.
 
Mais l’épidémie n’est jamais arrivée et la vaccination a été interrompue.
 
Parmi les vaccinés, certains ont développé des effets secondaires neurologiques sérieux, y compris la maladie rare de Guillain-Barre, et beaucoup d’entre eux, ou leurs descendants, ont poursuivi le gouvernement en justice.Ce ne fut qu’une péripétie de plus lors du mandat de Gérald FORD.
 
A ce jour, beaucoup d’américains en vue et les épidémiologistes de l'OMS parlent, avec horreur, de cet épisode de colère du public contre les épidémiologistes de 1976. 
 
Officiellement, ils avertissent de ce qui pourrait arriver si le virus subit une mutation importante, comme le « remake » de 1918, mais ils restent prudents et déclarent « qu'il n’y a aucune menace imminente ».
 
Officieusement, ils expriment leur crainte de la survenue d’une pandémie, mais ne souhaitent pas que leur crédibilité et leurs jobs soient conditionnés au ravage causé au monde par la peste.
 
  1.  La grippe H5N1
Ce virus a d’abord été identifié chez des sternes (famille des mouettes) en Afrique du Sud en 1961. Jusqu’à présent, il était présent chez les oiseaux et les mammifères, mais les tuait rarement. Sa première victime humaine connue est survenue en 1997, quand il est apparu à Hong Kong, tuant 6 des 18 personnes infectées. Grâce à l’efficacité de la gestion de crise suivie par le gouvernement de Hong Kong, l’éruption a été interrompue. Elle réapparaît en 2003.
 
H5N1 est une maladie zoonotique (une maladie transmissible de l’animal à l’homme). Après avoir infecté originellement les oiseaux, il est passé aux mammifères et a commencé d’infecter les humains après des années de mutation.  Ce processus implique que des souches variées du virus réassortissent leur ARN chez un hôte : « processus d’apprentissage ».
 
Le réassortiment est une des raisons pour laquelle l’OMS s’inquiète des conséquences de l’infection par H5N1 de millions d’oiseaux asiatiques migrateurs : quand ils retourneront au Sud de la Sibérie, ils auront l’opportunité de se mélanger avec les oiseaux résidant infectés par une forme différente, permettant ainsi la possibilité de recombinaisons à grande échelle pour réaliser la structure d’enveloppe d’acide aminé, apte à la virulence la plus forte.
 
Pour atteindre le stade pandémique, le virus se recombinerait avec un autre virus de la grippe dans un être humain, apprenant ainsi la transmission.
 
Peut-être que le cas concernant la mort de mammifères par H5N1, qui a connu la publicité la plus grande, est celui d’un zoo en Thaïlande, où 147 sur 418 tigres sont morts. La large couverture des media s’explique par le statut d’animal protégé du tigre . Mais, les tigres sont un pourcentage minuscule des victimes de H5N1.
 
Cette éruption a été suffisamment sérieuse pour forcer à la destruction de 120 millions d’oiseaux en Asie du sud est en 2004.
 
Notons que les gouvernements de l’Asie orientale indemnisent très peu, voire pas du tout, les paysans malchanceux dont l’élevage a été détruit. Bien que ce processus de destruction soit adapté pour ralentir les progrès de la maladie, l’incitation à le mettre en œuvre est nulle.
Dans la continuité de l’histoire des pandémies (et du SARS), l’OMS a longtemps craint que la prochaine explosion mortelle ne soit originaire du Viêt-Nam ou de Chine, où des centaines de millions de gens vivent au contact quotidien d’oiseaux et/ou de porcs, ces animaux étant les incubateurs des virus passés.
 
Comme le note le Dr OSTERHOLM, il faut simplement se rendre compte qu’en 1968, date de la dernière pandémie, la Chine comptait une population de 790 millions d’habitants, 5.2 millions de porcs, 12.3 millions de volailles. Aujourd’hui, les chiffres sont de 1.3 milliard de personnes, et 508 millions de porcs, 13 milliards de volailles. Des changements semblables sont arrivés dans d’autres pays asiatiques, créant un incroyable récipient à mélange pour virus.
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Cela dit, en remarquant de plus la croissance exponentielle des voyages à l’étranger, durant ces 50 dernières années, nous devons accepter qu’une pandémie soit en préparation, qu’elle soit causée par H5N1 ou par l’apparition d’une nouvelle souche.
Dans sa forme actuelle, le H5N1 a réalisé un taux de mortalité de 100 % sur les poulets, ainsi que sur des oiseaux migrateurs. Précédemment, les oiseaux porteurs du virus étaient surtout asymptomatiques.
Après les premières manifestations – en mai 2005 – du virus qui a tué des oiseaux migrateurs dans la réserve naturelle de Qinghai en Chine, celui-ci à une vitesse déconcertante a élargi son espace géographique.
 
Auparavant, il avait tué des oiseaux sauvages en Asie du  sud-est ; ces derniers temps, les rapports évaluaient les morts d’oiseaux migrateurs sont venus du Kasakhastan , du Tibet et de Mongolie. La première manifestation en Russie eut lieu à Novosibirsk en Sibérie. Depuis, le virus s’est déplacé en Russie européenne.
 
Selon « Moscow.Times.com », le ministre des situations d’urgence de la Russie a fait un rapport le 10 août dernier sur la mort de 15 oiseaux en Sibérie, contre un total de 5 583 à la mi-juillet ! L’autorité supérieure des épidémiologistes russes, Gennady ONISHCHENKO a déclaré que « …il était trop tôt pour en tirer quelque conclusion que ce soit. Nous aurions bu le champagne si cette affaire était définitivement classée… ».Les fonctionnaires vétérinaires exprimaient la crainte que les oiseaux migrateurs n’infectent d’autres pays….. Il est possible que cela se soit déjà fait : un fonctionnaire vétérinaire sénior (dixit Interfax) : « ils volent non seulement au dessus de la Sibérie, mais aussi le long de la côte Est des Etats Unis ».
 
 

 Fig.1 

Jusqu’à présent peu de gens ont été enregistrés comme victimes et l’OMS est sceptique quant au respect des déclarations de cas au Vietnam, en Chine et en Corée du Nord. Du fait des rituels d’incinération, des recoupements de preuves post-mortem sont difficiles.
 
Pour résumer l’état insatisfaisant des connaissances scientifiques à propos des manifestations épidémiques d’Asie : l’OMS ne connaît pas exactement combien de personnes et d’animaux ont été infectés, quand cela a-t-il eu lieu, cela est-il arrivé, et, cela fait, pourquoi les épidémiologistes craignent le pire.
 
Un commentaire caractéristique de l’OMS est fourni par le porte-parole Peter CORDINGLY à la conférence sur la grippe en Malaisie : « des milliards tomberaient malades, des milliards auraient aussi peur d’aller travailler, menant à un écroulement des services essentiels… ».
 
Le 5 août, l’OMS rapportait que des 112 personnes infectées à cette date, 57 sont mortes (sous la pression, les rapports ont depuis augmenté le nombre de cas mortels au Vietnam). Jusqu’à présent, la Chine est pratiquement le seul pays d’Asie Orientale qui n’ait pas reconnu d’infection humaine. Elle a annoncé de grandes pertes d’oiseaux et a refusé aux journalistes et aux chercheurs l’accès à quelques régions éloignées où la grippe s’était déclarée.
 
Aujourd’hui, la transmission facile d’homme à homme n’est pas apparue. Il y a 2 groupes humains de cas mortels : le premier en Thaïlande en 2004 où un enfant infecté peut avoir communiqué sa maladie à sa mère et à sa tante, et plus récemment, dans une banlieue de Jakarta où 3 membres d’une famille sont morts ; initialement cela paraissait une infection de personne à personne, cependant 3 autres membres de cette famille n’ont pas été infectés. Les victimes semblent avoir été  contaminées par les poulets du voisinage arrivés dans leur arrière-cour, la famille n’élevant pas de poulet.
 
Cette année, plusieurs conférences internationales se sont tenues sur le risque de H5N1.
Lors de chaque  conférence, les scientifiques plaident pour le développement rapide d’une réponse à la crise par les gouvernements, notamment en consolidant des financements pour les évaluations, les  vaccins (humains et animaux) , les anti-viraux, la sélection (pour la destruction des élevages) et les fournisseurs de services médicaux.
 
Des changements sont nécessaires dans les pratiques de l’agriculture et de l’industrie alimentaire. Cela exige aussi des financements, idem pour la diminution de ce que les scientifiques appellent « le bol mélangeur » , problème posé par de nombreuses races d’animaux présentés ensemble et vivants sur les marchés.
 
Les sommes engagées ont désappointé l’OMS et les épidémiologistes de différents pays.
 
Ils le déplorent en constatant qu’il est plus facile d’obtenir des gouvernements et du public une prise de  conscience sur l’EBOLA, la fièvre du NIL ou même la méningite que pour une grippe tueuse. C’est trop mauvais pour les politiques qui ne veulent pas réveiller les vieilles peurs d’une nouvelle PESTE.

Publié dans Santé

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ryback 28/09/2005 21:09

Bravo pour cette explication très approfondie et claire. La situation actuelle ressemble de plus en plus à un mauvais scénario et plus particulièrement en INDONESIE où les informations sur les personnes infectées et décédées deviennent incompréhensibles (les sources ne sont pas officiellement citées). Pour moi, soit l'information provenant des districts ne passe pas ou pire, les foyers augmentent plus vite que les résultats émanant des laboratoires. En effet, de toutes les informations provenant d'INDONESIE, aucun des décès du mois de septembre n'a été encore officellement confirmé. (Le délai était de deux à trois semaines pour ce résultat) Je suis vraiment perplexe. On a fait beaucoup de bruit des foyers en OURAL (sans cas humains) et là nous avons d'après les infos de nombreux cas humains, infectés ou morts, et rien, pas une nouvelle des organismes comme l'OMS ou l'OIE. Très curieux, non ?