Changement climatique et Santé humaine

Publié le par RR

CHANGEMENT CLIMATIQUE ET SANTÉ HUMAINE
RISQUES ET MESURES À PRENDRE
 
 
Extraits du résumé de l’ouvrage
Climate Change and Human Health – Risks and Responses,
 
publié par l’OMS en collaboration avec le PNUE et l’OMM.
 
Le texte qui suit est constitué de la préface, du chapitre 1, du chapitre 2 et du chapitre 6 du résumé mentionné ci-dessus.
En fait la préface et les chapitres 1 et 2 servent, ici, à la présentation du chapitre 6 qui a été retenu comme représentatif de la teneur de ce rapport. Le résumé est un document de 40 pages sourcé en PDF particulièrement clair.
 
 
« Préface
Les sociétés humaines ont, au cours des siècles, altéré l’écosystème local et modifié le climat régional. Aujourd’hui, cette influence humaine se fait sentir partout sur la planète du fait de l’accroissement démographique, d’une augmentation de la consommation énergétique, de l’utilisation intense des terres, du commerce, des déplacements internationaux et d’autres activités humaines. Les changements qui en découlent nous forcent à constater que la santé des populations dépend à long terme,du fonctionnement stable et continu des systèmes écologique, physique et socioéconomique de la biosphère.
 
Le système climatique mondial fait partie intégrante de l’ensemble des processus nécessaires au maintien de la vie. Le climat a toujours eu un impact puissant sur la santé et le bien-être des humains. Toutefois, comme beaucoup d’autres grands systèmes naturels, le climat subit le contrecoup des activités humaines. Le changement climatique mondial représente donc un nouvel enjeu pour ceux qui s’emploient à protéger la santé humaine.
 
La présente brochure est le résumé de l’ouvrage Climate Change and Human Health – Risks and Responses, publié par l’OMS en collaboration avec le PNUE et l’OMM, qui décrit le contexte et le processus du changement climatique mondial, ses conséquences réelles ou potentielles pour la santé, ainsi que la manière dont les sociétés humaines et leurs dirigeants devraient réagir, l’accent étant mis sur le secteur de la santé.
 
Chapitre 1
Changement climatique et santé : la même vieille histoire grandement amplifiée
 
Le changement climatique pose un problème majeur et,dans une large mesure,méconnu. La présente publication décrit le processus du changement climatique mondial, ses effets actuels et futurs sur la santé humaine, ainsi que la manière dont nos sociétés peuvent en atténuer les effets néfastes moyennant des stratégies d’adaptation et la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
 
Les extraordinaires prises de vue de la lune que nous a transmises Apollo en 1969 nous ont montré notre planète suspendue dans l’espace et ont transformé l’idée que nous nous faisions de la biosphère et de ses limites. Grâce à une meilleure compréhension des changements climatiques, nous percevons mieux les limites et les déterminants de la santé humaine. Si notre santé personnelle semble surtout être fonction d’un comportement prudent, de l’hérédité, de l’activité professionnelle, de l’exposition à l’environnement local et de l’accès aux soins de santé, le maintien en bonne santé des populations nécessite les « services » d’entretien de la biosphère. Toutes les espèces animales dépendent pour leur survie d’eau et de nourriture, d’un environnement où les maladies infectieuses ne prolifèrent pas trop, et de la sécurité et du confort physique que confère la stabilité climatique. Le système climatique mondial est donc d’une importance vitale.
 
De nos jours, les activités humaines influent sur le climat partout dans le monde. Elles augmentent la concentration atmosphérique de gaz capteurs d’énergie amplifiant ainsi l’effet de serre naturel qui rend la Terre habitable. Ces gaz à effet de serre comprennent, principalement, le dioxyde de carbone (résultant surtout de l’utilisation de combustibles fossiles et d’incendies de forêt) et d’autres gaz qui emprisonnent la chaleur comme le méthane (provenant de l’agriculture irriguée, de l’élevage et de l’exploitation pétrolière), l’oxyde nitreux et divers hydrocarbures halogénés artificiels.
Dans son troisième Rapport d’évaluation (2001), le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) constate « qu’il existe des preuves nouvelles et encore plus solides que l’essentiel du réchauffement observé ces 50 dernières années est imputable à l’activité humaine. »
 
Au cours du XXe siècle, la température moyenne globale à la surface s’est accrue d’environ 0,6°C, et environ deux tiers de cette augmentation s’est produite depuis 1975. Les climatologues prévoient que le réchauffement, accompagné d’une modification des précipitations et de la variabilité du climat, va se poursuivre pendant ce siècle et au-delà. Ces prévisions se fondent sur des modèles climatiques de plus en plus pointus basés sur des scénarios plausibles d’émissions de gaz à effet de serre qui tiennent compte de différentes trajectoires démographiques, économiques et technologiques ainsi que de schémas évolutifs de gouvernance.
 
Du fait qu’il se produit à l’échelle mondiale, le changement climatique diffère fondamentalement des nombreux autres problèmes environnementaux bien connus, comme les risques toxicologiques ou microbiologiques propres à un lieu. En effet, le changement climatique signifie qu’aujourd’hui nous altérons les systèmes biophysique et écologique de la Terre, et ceci à l’échelle planétaire comme en témoignent la dégradation de la couche d’ozone stratosphérique, la déperdition accélérée de la diversité biologique, les perturbations du système de production alimentaire terrestre et marine, l’épuisement des réserves d’eau douce et la dissémination partout dans le monde de polluants organiques persistants.
 
Les sociétés humaines ont de tout temps connu des vicissitudes climatiques naturelles (Figure 1.1). Les anciennes populations égyptienne, mésopotamienne, maya et européenne (pendant les quatre siècles de la petite période glaciaire) ont toutes été affectées par les grands cycles climatiques de la nature. De manière plus aiguë, catastrophes et épidémies se produisent souvent en réaction aux extrêmes de cycles climatiques régionaux comme le phénomène El Niño/oscillation australe (ENSO).
 
Figure 1.1. Variations de la température à la surface de la Terre au cours des 20 000 dernières années
 
Le GIEC estime que la température moyenne globale augmentera de plusieurs degrés centigrades au cours de ce siècle. Comme le montre la figure 1.2, cette estimation comporte une incertitude inévitable du fait que l’on n’appréhende pas pleinement la complexité du système climatique et que l’on ne peut prédire avec certitude le développement futur de l’humanité.
 
La température dans le monde a augmenté d’environ 0,4°C depuis les années 70 et dépasse à présent la limite supérieure de la variabilité naturelle (historique). Les climatologues estiment que l’augmentation récente de la température est surtout imputable à l’homme.
 
Effets éventuels des changements climatiques sur la santé
 
La modification du climat aura des incidences sur le fonctionnement de grand nombre d’écosystèmes et de leurs espèces membres. Elle aura également des répercussions sur la santé humaine. Certaines d’entre elles seront bénéfiques. Par exemple, des hivers plus doux contribueront à réduire la mortalité hivernale dans les pays tempérés et, dans les régions chaudes, une augmentation des températures pourrait réduire la viabilité des populations de moustiques vecteurs de maladie. Toutefois, les scientifiques estiment que, dans l’ensemble, la plupart des conséquences du changement climatiques seront néfastes pour la santé .
 
Les changements climatiques de ces dernières décennies ont probablement déjà influé sur certains effets sur la santé. En effet, d’après le Rapport sur la santé dans le monde 2002 de l’Organisation mondiale de la Santé, « on estime qu’en l’an 2000, le changement climatique était déjà responsable de 2,4% environ des cas de diarrhée dans le monde et de 6% des cas de paludisme dans certains pays à revenu intermédiaire ».
Cependant, il est difficile de distinguer le signal escompté du bruit de fond de la variabilité naturelle et d’autres facteurs de causalité. Une fois repéré, l’attribution de la cause est renforcée si l’on observe des phénomènes similaires dans différentes populations.
 
Pour ce qui est de la santé humaine, les premiers changements que l’on perçoit sont les altérations de l’étendue géographique (latitude et altitude) et saisonnière de certaines maladies infectieuses – y compris les infections vectorielles comme le paludisme et la dengue et les infections d’origine alimentaire (comme la salmonellose) qui sévissent particulièrement pendant les mois les plus chauds. Une augmentation des températures moyennes associée à une plus grande variabilité climatique altérerait la fréquence des expositions aux extrêmes thermiques et les effets sur la santé qui s’ensuivent aussi bien en hiver qu’en été. En revanche, les conséquences pour la santé publique de la perturbation des écosystèmes naturels et aménagés de production vivrière, de l’élévation du niveau de la mer et du déplacement des populations à cause des dangers qu’elles courent, des terres englouties, des bouleversements économiques et des troubles civils pourraient ne pas se manifester avant plusieurs décennies.
 
Conclusion
 
Situation sans précédent, la population mondiale se trouve aujourd’hui confrontée à des changements inconnus de la basse et moyenne atmosphère causés par l’homme et à une déperdition, partout dans le monde, de divers autres systèmes naturels (fertilité des sols, aquifères, ressources halieutiques et diversité biologique en général). On a pris rapidement conscience du fait que ces changements allaient compromettre les activités économiques, l’infrastructure et les écosystèmes aménagés, mais ce n’est qu’à présent que l’on reconnaît que le changement climatique global présente des risques pour la santé humaine.
 
Figure 1.2 Relevés de la température dans le monde depuis l’introduction du
relevé instrumental en 1860, et projection à 2010, selon le GIEC
 
Chapitre 2
 
Climat et c o n d i t i o n s atmosphériques : n o u v e l l e s expositions humaines
Il convient, lorsque l’on se penche sur « le changement climatique et la santé », de faire la distinction entre les conséquences pour la santé de différents phénomènes météorologiques: conditions atmosphériques, variabilité du climat et changement climatique.
 
Les conditions atmosphériques sont le résultat du changement perpétuel de l’atmosphère considéré d’ordinaire sur une échelle temporelle allant de quelques minutes à quelques semaines. Le climat est l’état moyen de l’atmosphère et les caractéristiques associées de la terre ou de l’eau sous-jacentes dans une région donnée, sur des périodes de plusieurs années. Par variabilité du climat, on entend les variations de l’état moyen, y compris les variations saisonnières et les grands phénomènes cycliques régionaux comme El Niño/oscillation australe (ENSO) ou l’oscillation nord atlantique.
 
Les changements climatiques se produisent sur des dizaines d’années voire des périodes plus longues. Jusqu’à récemment, les changements climatiques se sont produits naturellement, sur des siècles ou des millénaires, à cause de la dérive des continents, de divers cycles astronomiques, des variations de l’énergie solaire et de l’activité volcanique. On a constaté ces dernières décennies que les activités humaines modifient la composition atmosphérique et qu’elles provoquent, de ce fait, un changement climatique global.
 
Le système climatique
Le climat de la Terre est déterminé par des interactions complexes entre le soleil, l’atmosphère, la cryosphère, la surface terrestre et la biosphère. Les conditions atmosphériques et le climat sont surtout fonction du soleil. Le réchauffement inégal de la surface terrestre (plus élevé dans les régions équatoriales) provoque de grands courants de convection à la fois dans l’atmosphère et dans les océans, et est donc une cause majeure de vents et de courants océaniques.
 
Notre planète est entourée de cinq couches atmosphériques concentriques. La couche la plus voisine du sol (troposphère) a une épaisseur moyenne de 10-12 km. C’est là que se produisent la plupart des phénomènes météorologiques qui nous touchent. La couche suivante (stratosphère) s’étend jusqu’à environ 50 km d’altitude. L’ozone stratosphérique absorbe la plupart du rayonnement solaire ultraviolet. Au-dessus de la stratosphère, il y a trois autres couches : la mésosphère, la thermosphère et l’exosphère.
 
En tout, ces cinq couches atmosphériques diminuent environ de moitié le rayonnement solaire qui atteint la surface terrestre. En particulier, certains gaz à effet de serre, présents à l’état de concentrations-trace dans la troposphère (notamment vapeur d’eau, dioxyde de carbone, oxyde nitreux, méthane, hydrocarbures halogénés et ozone) absorbent près de 17% de l’énergie solaire qui la traverse. Une grande partie de l’énergie solaire qui atteint la surface terrestre est absorbée et émise à nouveau sous forme de rayonnement de grande longueur d’onde (rayonnement infrarouge). Une partie de ce rayonnement infrarouge est absorbée par des gaz à effet de serre dans la troposphère et cause un réchauffement additionnel de la surface terrestre, qui élève de 33°C la température de la planète lui conférant sa température moyenne actuelle de surface de 15°C. Ce processus de réchauffement supplémentaire est appelé « effet de serre » (Figure 2.1).
 
Figure 2.1. L’effet de serre (référence 2)
 
 
 
Gaz à effet de serre
L’effet de serre est amplifié par l’accroissement des constituants gazeux dans l’atmosphère du fait de l’activité humaine. Ces dernières années, la combustion accrue de combustibles fossiles, l’activité agricole et plusieurs autres activités économiques ont grandement augmenté les émissions de gaz à effet de serre. La concentration atmosphérique de dioxyde de carbone a augmenté d’un tiers depuis le début de la révolution industrielle (Figure 2.2).
 
Tableau 2.1 : Exemples de gaz à effet de serre soumis à l’influence des activités humaines.Ce tableau donne les concentrations en 1790 et en 1998 de plusieurs gaz à effet de serre, le changement de leur taux de concentration de 1990 à 1999 et leur temps de séjour dans l’atmosphère.
 
Ce dernier élément revêt une importance particulière pour les décideurs car l’émission de gaz dont le temps de séjour est long nous condamne de manière quasi irréversible à un changement climatique continu sur des dizaines voire des centaines d’années.
 
Etude des effets du climat sur la santé
Pour étudier les effets des événements météorologiques et de la variabilité du climat sur la santé humaine, il faut préciser « l’exposition » météorologique. Les conditions atmosphériques et le climat peuvent être résumées sur différentes échelles spatiales et temporelles. L’échelle de l’analyse et le choix du délai entre l’exposition et les effets dépendront de ce que l’on imagine être la nature de la relation. Pour mener ces recherches à bien, il faut disposer de données sur les conditions atmosphériques/le climat et les effets sur la santé portant sur des périodes de longue durée et ayant les mêmes dimensions spatiales et temporelles. Il convient également dans ce genre de recherche de tenir compte des nombreux types d’incertitude qui y sont inhérents. Les prédictions concernant la manière dont des systèmes complexes comme les systèmes climatiques régionaux et les écosystèmes dépendant du climat sont susceptibles de réagir lorsqu’ils sont poussés au-delà des limites critiques sont forcément incertaines. De même, on ne peut prédire avec certitude les caractéristiques, comportements et capacités de réaction futurs des populations.
 
 
Figure 2.2. Concentration atmosphérique de CO2 entre l’an1000 et l’an 2000
 
Chapitre 6
Changement climatique et maladies infectieuses
 
De nos jours, partout dans le monde, on constate la recrudescence de nombreuses maladies infectieuses, y compris certaines maladies nouvelles (VIH/SIDA, hanta virus, hépatite C, SRAS,etc.). Cette situation est due aux effets combinés des changements démographiques, environnementaux, sociaux et technologiques rapides ainsi que d’autres changements dans notre mode de vie. Le changement climatique influera également sur l’incidence des maladies infectieuses.
 
Bien avant la découverte, à la fin du XIXe siècle, du rôle des agents infectieux, les humains savaient que les conditions climatiques avaient une incidence sur les maladies épidémiques. Les patriciens romains passaient leurs étés sur les hauteurs pour échapper au paludisme. Les Asiatiques du Sud n’ont pas tardé à apprendre que pendant les fortes chaleurs, les plats de curry très épicés étaient les moins susceptibles de provoquer la diarrhée.
 
Les agents infectieux varient grandement pour ce qui est de la taille, du type et du mode de transmission. Il y a des virus, des bactéries, des protozoaires et des parasites multicellulaires. Les microbes responsables des « anthroponoses » se sont adaptés en évoluant à l’espèce humaine qui est devenue leur hôte réservoir principal, et d’ordinaire exclusif. En revanche, les espèces non humaines sont le réservoir naturel des agents infectieux qui sont responsables des « zoonoses » (Figure 6.1). Certaines anthroponoses (tuberculose, VIH/SIDA et rougeole, par exemple) et zoonoses (par exemple la rage) sont transmises directement. Il y a aussi des anthroponoses (comme le paludisme, la dengue et la fièvre jaune) et des zoonoses (peste bubonique et maladie de Lyme, par exemple) qui sont à transmission vectorielle indirecte.
 
Maladies à transmission vectorielle et hydrique
Les maladies à transmission vectorielle sont déterminées par : i) la survie et la reproduction du vecteur ; ii) le taux de piqûre du vecteur ; iii) le taux d’incubation de l’agent pathogène dans l’organisme du vecteur. Les vecteurs, les agents pathogènes et les hôtes survivent et se reproduisent dans certaines conditions climatiques optimales dont les plus importantes sont la température et les précipitations, sans oublier le rôle que jouent l’élévation du niveau de la mer, le vent et le nombre d’heures d’éclairement naturel.
 
Les infections à transmission hydrique sont causées par l’eau (eau de boisson ou eau de baignade) ou la nourriture contaminées. Cette contamination peut être due à des actions humaines comme une mauvaise élimination des eaux usées, ou à des événements climatiques. Les pluies peuvent favoriser la dissémination des agents infectieux et la température influer sur leur prolifération et survie.
 
Liens entre climat et maladies infectieuses : observations et prévisions
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Il y a trois catégories de recherche sur les liens entre les conditions climatiques et la transmission des maladies infectieuses. La première étudie les éléments récents qui indiquent une association entre la variabilité du climat et l’incidence des maladies infectieuses. La seconde examine les indicateurs précoces des effets des changements climatiques à long terme sur les maladies infectieuses. La troisième utilise les éléments d’appréciation susmentionnés pour créer des modèles prévisionnels permettant d’estimer la charge future des maladies infectieuses dans le cadre de scénarios de changement climatique.
 
 
Figure 6.1. Quatre types principaux de cycles de transmission des maladies infectieuses5
 
Indications historiques
On dispose de beaucoup d’éléments qui indiquent une association entre conditions climatiques et maladies infectieuses. Le paludisme, qui est sans doute la maladie à transmission vectorielle la plus sensible à un changement climatique de longue durée, est un problème de santé publique important. Il a une incidence saisonnière dans les zones d’endémie élevée. Le lien entre le paludisme et les événements climatiques extrêmes fait depuis longtemps l’objet d’études dans divers pays dont l’Inde. Au début du siècle dernier, la région du Pendjab, drainée par les affluents de l’Indus, connaissait périodiquement des épidémies de paludisme. Les pluies abondantes de mousson et la forte humidité ont très vite été identifiées comme ayant une influence majeure sur la reproduction et la survie des moustiques. Des analyses récentes démontrent que le risque d’épidémies est multiplié par cinq l’année suivant un épisode El Niño.
 
Impacts précoces du changement climatique
Parmi ceux-ci citons plusieurs maladies infectieuses, les effets sur la santé de températures extrêmes, et les effets d’événements climatiques et météorologiques extrêmes (décrits au chapitre 5).
 
Modélisation prévisionnelle
Les principaux types de modèles utilisés pour prédire les influences climatiques futures sur les maladies infectieuses comprennent des modèles statistiques, des modèles de processus et des modèles de site3. Ces trois types de modèles ne traitent pas des mêmes questions.
 
Les modèles statistiques requièrent tout d’abord la dérivation d’une relation statistique (empirique) entre la distribution géographique actuelle de la maladie et les conditions climatiques actuelles spécifiques au lieu pour décrire l’influence du climat sur la distribution effective de la maladie étant donné les niveaux actuels d’intervention humaine (lutte contre la maladie, aménagement du milieu, etc.). En appliquant cette équation statistique aux scénarios climatiques futurs, la distribution effective future de la maladie est estimée dans l’hypothèse où les niveaux d’intervention humaine demeurent inchangés dans une zone climatique donnée. Ces modèles ont été appliqués aux effets du changement climatique sur le paludisme, la dengue et, aux Etats- Unis, sur l’encéphalite. Pour le paludisme, certains modèles montrent une augmentation nette des cas dans les 50 prochaines années, et d’autres une situation à peu près inchangée.
 
Les modèles (mathématiques) basés sur le processus climatique utilisent des équations exprimant la relation, étayée par des documents scientifiques, entre les variables climatiques et les paramètres biologiques, à savoir la reproduction, la survie et le taux de piqûres du vecteur, et le taux d’incubation du parasite. Dans leur forme la plus simple ces modèles expriment, au travers d’une série d’équations, la manière dont une configuration donnée de variables climatiques influeront sur la biologie du vecteur et du parasite et, par conséquent, sur la transmission de la maladie. Etant donné que le climat affecte aussi l’habitat, la modélisation des sites est également utile. Il s’agit d’associer les modèles climatiques décrits ci-dessus aux méthodes analytiques spatiales pour étudier les effets des facteurs climatiques et d’autres facteurs environnementaux (par exemple, différents types de végétation – souvent mesurés, lors de l’élaboration du modèle, par des détecteurs au sol ou télécommandés).
 
Conclusion
Le changement climatique est sans doute responsable de la modification des modes de transmission des maladies infectieuses. Il convient d’étudier davantage les relations causales complexes sous-jacentes et d’appliquer ces connaissances à la prédiction d’effets futurs à l’aide de modèles intégrés, plus complets et mieux validés.
 
Tableau 6.1. Exemples de la manière dont différents changements environnementaux
influent sur l’apparition de diverses maladies infectieuses chez l’homme.
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ryback 18/09/2005 21:58

edifiant, c'est le mot. Comme d'habitude un article que je qualifie de limpide. Merci pour ces informations très précises. J'ai transmis le lien de votre article à des amis intéressés par ces infos. Amicalement. Et merci pour vos news ( ;-)