Discours D. Eisenhower 17 janvier 1961

Publié le par RR

Discours prononcé par le Président Dwight D. Eisenhower,
le 17 janvier 1961 à 8:30 P.M
« extrait…
 
Un élément essentiel pour garder la paix est notre système militaire. Nous devons être puissants, prêt pour une action instantanée, de sorte qu'aucun agresseur potentiel ne puisse être tenté de risquer sa propre destruction.
Notre organisation militaire n'a qu'un petit rapport aujourd'hui avec ce que connurent mes prédécesseurs en temps de paix, ou même pendant les combats de la deuxième guerre mondiale ou de Corée. Jusqu'au dernier conflit mondial, les États-Unis n'avaient pas ce qu'on peut considérer comme une industrie d'armement.
Avant, les fabricants américains de socs pouvaient, avec du temps bien sûr, faire des épées. Maintenant que nous pouvons plus risquer la possibilité d'improvisation pour notre défense nationale nous avons été obligés de créer une industrie de l'armement permanente de vastes proportions. Trois millions et demi d'hommes et de femmes sont directement engagés dans l'établissement de la défense. Nous dépensons annuellement pour la sécurité militaire plus que le revenu net de toutes les sociétés US.
Cette conjonction d'un immense établissement militaire et d'une grande industrie est nouvelle dans l'expérience américaine. Son influence totale, économique, politique, même spirituelle et sentie dans chaque ville, dans chaque maison officielle, dans chaque bureau du gouvernement fédéral.
Nous reconnaissons le besoin impératif de ce développement mais nous ne devons pas manquer de comprendre ses implications graves. Notre dur travail, nos ressources, nos vies… tous sont impliqués ; ainsi en est-il de la structure de notre société.
Dans les conseils du gouvernement, nous devons donc nous garder de toute influence sans garantie, voulue ou pas, du complexe militaro-industriel. Le risque potentiel d’une augmentation désastreuse d'un pouvoir mal placé existe et persistera.
Nous ne devrons jamais laisser le poids de cette combinaison mettre en danger nos libertés et processus démocratiques. Nous ne devons jamais rien prendre pour acquis et seul des habitants bien informés pourront éviter la contrainte de l'engrenage possible d'une énorme machine industrielle militaire afin de l’adapter avec des méthodes et des buts paisibles, de sorte que la sécurité et la liberté puissent prospérer ensemble.
De même la révolution technologique des décennies récentes fut en grande partie responsable des changements radicaux de notre posture militaro-industrielle. Dans cette révolution, la recherche est devenue centrale ; elle est également plus formalisée, plus complexe, et coûteuse. Une part toujours croissante y est conduite pour, par, ou sous la direction du gouvernement fédéral.
Aujourd'hui, l'inventeur solitaire, bricolant dans son magasin a été dépassé par des groupes de scientifiques dans les laboratoires ou des champs d'essai.
De même, l'université libre, historiquement fontaine des idées et de la découverte scientifique, a vécu une révolution dans la conduite de la recherche. En bonne partie en raison des coûts énormes impliqués.
Un contrat de gouvernement devenant littéralement un produit de substitution à la curiosité intellectuelle. Pour chaque vieux tableau noir il y a maintenant des centaines d'ordinateurs. La perspective d’une domination des écoles nationales par les emplois fédéraux, attributions de projet et puissance de l'argent est présente et doit être considérée avec gravité.
Cependant, tenant compte de la recherche et des découvertes scientifiques, nous devons également être alertés à l'identique du potentiel danger opposé, c’est à dire que l'ordre public puisse devenir captif d'une élite scientifique et technologique.
Dans la fonction d'homme d'état il faut mouler, équilibrer… s’arranger pour intégrer tout ceci, ainsi que d'autres forces, vieille et nouvelles, avec les principes de notre système démocratique en conservant à l’esprit les buts suprêmes de notre société libre.
… »
 
Source :JP PETIT sur une base WIKISOURCE traduit par M.GAILLARD,voir aussi DeDEFENSA
 

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