inégalités sociales de santé

Publié le par RR

Les inégalités sociales de santé, une question politique oubliée

le 3 avril 2007

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Les inégalités sociales de santé font l’objet de nombreuses recherches... qui restent malheureusement trop souvent ignorées par ceux qui décident des politiques publiques. Le point de vue de Mireille Elbaum, professeure au Conservatoire national des arts et métiers.

Les inégalités sociales de santé ont donné lieu, en France comme à l’étranger, à de multiples travaux de recherche, mais ceux-ci restent largement ignorés par les professionnels et les décideurs, qui n’en ont jamais fait, comme au Royaume-Uni ou en Suède, une priorité politique.

Certains résultats sont pourtant frappants. Les différences de mortalité entre milieux sociaux ne se sont pas réduites entre le début des années 80 et le milieu des années 90. Elles se sont même accrues chez les hommes, avec un écart d’espérance de vie qui à 35 ans atteint sept ans entre les ouvriers et les cadres, et des disparités liées à la fois au diplôme, à la catégorie socio-professionnelle et aux revenus. On retrouve ces différences dans pratiquement tous les domaines de la morbidité, qu’il s’agisse des maladies cardio-vasculaires ou du cancer, en passant par les accidents, les problèmes dentaires et la santé mentale. Elles persistent aussi en matière de recours à la prévention et aux soins, où la qualité des couvertures complémentaires joue une rôle déterminant, même si la CMU a, malgré ses limites, diminué les renoncements aux soins des ménages les plus modestes. Et, au-delà des pathologies et de leur prise en charge, les conséquences des problèmes de santé s’avèrent d’autant plus graves pour l’insertion sociale et professionnelle des personnes atteintes qu’elle sont au départ dans des situations socio-économiques moins favorables.

Deux sujets méritent en outre d’interpeller. Les inégalités de santé ont un caractère particulièrement précoce, avec, par exemple, dès l’âge de six ans, des différences sociales marquées en matière de caries non soignées et d’obésité, prédictive de problèmes cardio-vasculaires. Le chômage et l’inactivité y prennent par ailleurs une part déterminante, avec à la fois des phénomènes de sélection et d’exclusion de l’emploi liés à la santé, et un rôle « catalyseur » des périodes de chômage et de précarité qui, lorsqu’elles se prolongent, peuvent aboutir à la combinaison de troubles physiques, psychiques et de comportements à risque (problèmes d’addiction notamment).

la suite de cet article sur :

http://www.inegalites.fr/spip.php?article628&id_mot=28

un article signalé par  Pratiques en santé

http://www.pratiquesensante.info/index.php?option=com_content&task=view&id=238&Itemid=45

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Citoyen 11/04/2007 12:41

Oh que oui, c'est un déni, un refus de voir la réalité ...

RR 12/04/2007 08:56