Sur l'élection présidentielle directe

Publié le par RR

Sur l'élection présidentielle directe

Eléments de réflexion sur un problème classique de la théorie du choix social
appliqué à l’élection du chef de l’Etat au suffrage universel direct

28 janvier 2006

par l'auteur des  " Inédits pour le NON "

Note sur le Drakkar Bleu Noir :
Ne tombez pas dans le piège d’une lecture rapide de l’exposé du problème qui conduirait à un affaiblissement de la fonction de Chef de l’Etat par une personnification dès les prémices de l’analyse.
Thibaud de La Hosseraye est trop amoureux de la France pour lui prêter ce propos.
Un exposé finement ciselé des « possibles » quant à la désignation de la Première ou du Premier d’entre nous.
 
Début de l'article en guise de présentation ...

Problème : étant admis que, pour un peuple résolu à ne pas se laisser assujettir par une puissance extérieure à sa volonté, il est nécessaire de se doter d’un Etat fort et donc d’un chef d’Etat dont la légitimité se fonde, au moins pour une part, mais pour une part décisive, sur sa propre élection au suffrage universel direct, comment prévenir la possibilité qu’un candidat ayant obtenu moins de 20% des suffrages exprimés lors d’un premier tour de scrutin soit finalement élu à plus de 80% et cela, sans aucun débat démocratique entre-temps ni aucune prise en considération d’une telle défaveur populaire dans l’explicitation de son programme ?

Autrement dit : comment éviter que la fonction présidentielle ne se voit dévaluée par un élu qui n’aurait été que le Charybde d’un Scylla ?  

Préalable problématique à toute résolution : la nécessaire diversité des  candidatures 
 L’enjeu est de permettre au peuple d’exprimer un choix le plus positivement conforme à sa volonté.
A cette fin, il est d’abord indispensable que soit maintenu le principe du plus d’ouverture possible à une diversité de candidatures, c’est-à-dire d’options, représentatives, non seulement de la diversité des partis, mais aussi de l’émergence d’éventuels courants de pensée susceptibles de fonder une orientation politique nationale distincte.
Inversement, toute évolution vers un bipartisme comporte le danger, pour la démocratie, de réduire le choix du peuple à une fausse alternative où les représentants de chacune des deux options proposées n’augmentent leurs chances de l’emporter qu’à proportion de leur capacité à s’attirer les suffrages de l’autre en rétrécissant vers la médiane leur angle d’opposition pour ne plus laisser place qu’à une rivalité de séductions plus ou moins extérieures aux véritables enjeux de l’élection.
En outre, le bipartisme implique une présélection des candidats qui échappe aux conditions nationales du vote et prédétermine la liberté de choix de l’ensemble du peuple, hors de toute confrontation réelle entre partis adverses.
Or la nécessaire multiplicité des candidatures qui justifie un premier tour de scrutin rend imprévisible, quant à elle, proportionnellement à leur nombre, la répartition de leurs suffrages respectifs et l’ordre de leur classement pour passer à un second tour.
La liberté de choix du premier tour en vient à se retourner contre elle-même, limitant la liberté de discernement de l’alternative qu’elle se prépare pour le tour décisif.

Pour surmonter cette contradiction, deux types de solution sont envisageables.

L’un, que le tour décisif ne soit pas le deuxième, c’est-à-dire que l’alternative décisive n’émane pas du seul premier tour dont n’auraient été retenus, pour le suivant, que les deux candidats qui auraient recueilli le plus de voix : il faut donc, dans cette logique, retenir plus de deux candidats du premier tour au deuxième et reporter à un suivant le tour décisif.
 
L’autre consiste à modifier radicalement le sens du vote, selon une procédure qui permet de lui donner, dès sa première expression, une valeur décisive.
Je commencerai par examiner ce deuxième type de solution qui suppose un vote par classement ou, plus généralement, plurisélectif.
  
I- Examen des systèmes de vote par classement
Je me place donc d’abord dans l’hypothèse où chaque électeur ne vote plus simplement pour celui des candidats qu’il souhaite voir passer au tour suivant ou dont l’élection lui paraîtrait la moins inadéquate à ses vœux, mais où il est appelé à tous les classer par ordre d’inadéquation croissante.

Ce vote présente l’avantage d’augmenter la capacité, donc la liberté, d’expression de l’électeur et, de ce fait aussi, de livrer une information beaucoup plus détaillée de la réaction de l’électorat face à l’ensemble des candidatures.

Le problème demeure cependant de savoir comment il convient alors de traiter cette information afin de dégager une majorité qui soit la plus juste possible. Car plusieurs procédés semblent a priori également équitables qui n’aboutissent pas nécessairement à une majorité identique.

On peut en distinguer trois, dont les autres sont réductibles à des variantes ou à des mixtes plus ou moins complexes. Je les exposerai par ordre de conformité croissante à la spécificité du vote par classement relativement au vote unisélectif.
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La suite de l’article sur le site des « Inédits pour le NON »
 

 

 

 

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