repères : Les « coûts de sortie »

Publié le par RR

Les « coûts de sortie » ou encore « switching costs »
 
Rapport sur "les coûts de sortie"
NASSE Philippe
FRANCE. Ministère de l'industrie
Paris;Ministère de l'industrie;2005;169 pages
Première parution en septembre 2005
 
En guise de présentation deux extraits :
 
Introduction
« Ce rapport traite des ‘‘coûts de sortie’’, c’est-à-dire des difficultés de toute nature que rencontre, parfois, un consommateur lorsqu’il veut quitter pour un autre : une marque, une enseigne ou un opérateur lui fournissant ses biens ou services habituels. Il n’envisage que les coûts de sortie ‘‘licites’’, c’est-à-dire ne résultant pas de pratiques qui pourraient relever des prévisions des articles du code de commerce réprimant, en particulier, l’entente ou l’abus de position dominante.
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Conformément à la lettre de mission, le rapport cherche à identifier les secteurs qui présentent les plus importants de ces obstacles au changement, et à évaluer leur impact. Pour conserver à ce rapport son caractère opératoire, l’abondante littérature économique théorique disponible sur le sujet n’a été mobilisée que pour asseoir une démarche pragmatique et empirique, propre à aider à repérer la présence éventuelle de ces coûts de sortie à partir d’indicateurs de calcul facile, et à évaluer leur impact par la mise en œuvre de règles elles aussi empiriques, ou par un modèle d’application simple…. »
 
Définition des coûts de sortie
« L’expression ‘‘coûts de sortie’’ désigne les coûts monétaires effectifs ou le coût du tempspassé en démarches diverses, supportés par un consommateur lorsqu’il veut quitter l’opérateurqu’il avait choisi comme fournisseur d’un bien ou d’un service afin de s’adresser à un autreopérateur. L’homologue anglaise de cette expression est « switching costs ».
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La littérature économique recense un grand nombre de mécanismes générant des coûts de sortie: coûts d’apprentissage, de recherche, d’adaptation, de transaction, d’incompatibilité, d’incertitude, sans oublier les coûts contractuels purement monétaires. Pour faire simple, on les résumera ici en trois groupes :
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- les coûts contractuels : il s’agit des charges prévues au contrat liant le client et son opérateur, dues lorsque le client résilie le contrat. Par exemple, frais de clôture du compte, frais de fermeture du dossier… Peuvent être incluses dans ces coûts les remises de fidélité dont la valeur est perdue en cas de départ.
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- les coûts technologiques : il s’agit des frais entraînés lors du changement d’opérateur par la nécessité de rendre compatibles les matériels de l’opérateur nouveau et le reste de l’installation ancienne. Par exemple, le changement d’opérateur de télévision satellitaire impose de changer l’antenne réceptrice et le décodeur.
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- Les coûts de gestion du changement. Ce sont les plus nombreux et les plus divers. Ils sont essentiellement non monétaires. Ils s’expriment le plus souvent en temps passé, et bien souvent perdu, à rechercher, à s’adapter, à constituer un dossier…
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Une autre partition des coûts de sortie consiste à distinguer d’une part ceux qui sont visibles, et quantifiables, par le consommateur : il s’agit, typiquement, des deux premières catégories de coûts de sortie précitées : les coûts contractuels et les coûts technologiques ; et d’autre part ceux qui présentent la particularité d’être moins visibles et donc moins faciles à évaluer et à réduire : il s’agit plutôt de la troisième catégorie de coûts de sortie précitée, c’est-à-dire les coûts de gestion du changement.
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Pratiquement en effet, tout changement de fournisseur d’un bien ou d’un service génère ce genre de coût.
C’est dire s’ils sont nombreux et divers.
Même le simple changement d’une marque pour une autre entraîne un coût d’adaptation : comment ça marche ? ; et un coût d’incertitude : serai-je vraiment satisfait de mon nouveau choix ? ce qui constitue des coûts de sortie de nature psychologique.
L’existence de ces coûts de sortie fait donc partie de la vie la plus courante ; ils sont parfaitement naturels, car liés à la nature de la consommation elle-même, ou à celle des consommateurs. Mais ces coûts de sortie ne vont pas sans effets, notamment sur la liberté des consommateurs lorsqu’ils souhaitent faire jouer la concurrence… »
 
 Le rapport et la 1ère partie des annexes
 
 suite des annexes

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