Grippe aviaire : l'avis de 3 experts aquitains

Publié le par RR

Retrouvez le Professeur FLEURY .
 
Dossier (direct real) : l'avis de 3 experts aquitains
parmi les vidéos accessibles sur le site de France 3 Aquitaine.
 

Dossier

Publié le 17/01 à 10:53
 
 
Grippe Aviare : Que faut-il craindre en Aquitaine? Quelles précautions prendre ? Les élevages sont-ils en péril ?
 
Personne n'est encore apte à se prononcer d'une manière formelle sur les risques  de pandémie causée par la grippe aviaire. Mais l'Aquitaine pourrait être particulièrement exposée à double titre, comme région de grands passages d'oiseaux migrateurs et comme terre d'élevage avicole. L'évolution de la situation est  suivie de près à ces deux niveaux.
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Le confinement des volailles concerne, à la mi-janvier, 3 départements aquitains : la Gironde, les Landes et la Dordogne. Les décisions de l'Agence française de Sécurité sanitaire des Aliments (l'Afssa) se prennent à partir de plusieurs critères comme la densité géographique des élevages, la présence de zones humides et le risque induit par le passage d'oiseaux migrateurs.
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De l'avis unanime en effet, rien de préoccupant ne devrait se déclencher avant la période des migrations de fin d'hiver. A ce moment-là, d'importants vols d'oiseaux remonteront vers l'Europe en passant par l'Aquitaine et le risque sera  réel, si tant est que le virus H5N1 survive jusqu'alors. Et c'est toute la question. Mais, dores et déjà, le gouvernement a déclenché des mesures qui rappellent par leur ampleur le déploiement de moyens de guerre contre un mal qui commence à faire peur...
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Etape essentielle pour les migrateurs, le parc ornithologique du Teich, sur le Bassin d'Arcachon, est au centre du réseau de surveillance du virus. Il faut savoir en effet que 50 % de la diversité avifaunistique européenne transite par ce site chaque année et on y a décompté 280 espèces d'oiseaux en migration de passage. C'est dire si les observations seront sévères, dès le début de la migration de retour ! Malgré tout, il ne faut pas exagérer le rôle des oiseaux dans cette affaire car la grippe risque aussi de migrer par les mouvements humains liés aux transports de marchandises ou de personnes.
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A l'automne, on a assisté à des débuts de comportements irrationnels, comme cela a été le cas avec la vache folle : baisse des achats de volailles et stockage de médicaments. La demande de tamiflu par exemple a pris des proportions telles qu'il y avait rupture d'approvisionnement. Même si ce médicament est, semble-t-il, le plus approprié pour se préserver de la grippe aviaire, rien ne justifiait son stockage.
Mais les Français ont su raison garder et, à la fin de l'année 2005, la consommation de volailles "festives" s'est presque maintenue à son niveau habituel, avec une petite baisse de 5% quand même.
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Sur le fond du problème de cette grippe aviaire, il faut noter l'avis des spécialistes des oiseaux migrateurs. Tous conviennent que le risque de transmission est très faible car le virus H5N1 a une durée de vie maximale de 72 heures. Et les oiseaux migrateurs mettent plus de temps à remonter des zones d'hivernage africaines vers l'Europe...Et tout cela se précisera au moment de la remontée des oiseaux à la fin de l'hiver, sauf s'il y avait mutation de ce virus.
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Les moyens déployés au début de 2006 par le ministère de la Santé sont impressionnants. Pour rappel, il faut savoir que 200 millions de masques sont prévus pour les professionnels de la santé ; qu'à la fin de l'année (pourquoi si tard ?) le pays disposera d'une réserve de 33 millions de traitements antiviraux en Tamiflu et Relenza et d'1 milliard de masques à distribuer aux personnes. En tout, ces mesures de prévention se situent au-dessus des recommandations de l'OMS, l'Organisation mondiale de la santé.
 

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