Mardi 1 novembre 2005

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Polémique sur la préparation des hôpitaux parisiens

 à une pandémie de grippe aviaire

 

L'hôpital de La Pitié-Salpêtrière est-il prêt à remplir sa mission de centre de référence dans le cadre du plan Biotox comme face à une pandémie de grippe aviaire à virus H5N1 ? Non, assure les représentants CGT au sein du groupe hospitalier parisien, selon lesquels le personnel n'est pas formé et les locaux ne sont pas adéquats. Oui, répondent la directrice de l'hôpital et l'adjoint du chef de service des maladies infectieuses. La question a fait l'objet de courriers adressés par les syndicalistes au premier ministre et aux ministres de la santé et de l'intérieur.

Dans le cadre du plan Biotox, lancé en octobre 2001 pour répondre à une éventuelle action terroriste de nature bactériologique puis élargi aux risques dits "NRBC" (nucléaire, radiologique, biologique et chimique), des services spécialisés ont été désignés sur le territoire pour accueillir les premiers malades. Pour la région parisienne, deux services de maladies infectieuses et tropicales ont été choisis : celui du groupe Pitié-Salpêtrière, dirigé par le professeur François Bricaire, et celui de l'hôpital Bichat, dont le professeur Bricaire est également chef de service par intérim.

Le 27 juillet, José Parenti, secrétaire général adjoint du syndicat CGT à La Pitié-Salpêtrière, a écrit à Dominique de Villepin pour lui dire qu'"il est extrêmement urgent d'intervenir" . "Il semble que la gravité de la situation ne soit pas analysée à sa juste valeur par la direction locale. Les travaux de mise en conformité du service du professeur Bricaire ne sont toujours pas effectués" , indiquait le syndicaliste au premier ministre, évoquant une "gestion des risques aberrante" .
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"Si nous étions demain confrontés à une attaque terroriste avec une bombe sale ou à une épidémie de grippe H5N1, le personnel soignant de La Pitié se retrouverait en première ligne, souligne Asdine Aissiou, secrétaire général de la CGT de l'hôpital. La moitié des morts de l'épidémie de SRAS à Toronto, en 2003, faisaient partie du personnel soignant. C'est pour cela qu'après les attentats de Londres, nous avons donné l'alerte." ( souligné sur le Drakkar Bleu Noir )
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José Parenti s'étonne que "depuis 2001, rien n'ait été fait, alors que l'administration sait que les locaux ne sont pas conformes : une douche pour les 15 chambres de l'aile Pasteur du pavillon Laveran, censée accueillir les premiers cas, pas de détection incendie, des chambres d'isolement qui n'en sont pas et dont l'une servait de lieu de stockage, pas de circuit spécifique dans l'hôpital, pas de ligne budgétaire pour des formations Biotox..."
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Tout en ayant conscience des contraintes que cela entraînerait pour l'accueil de malades, les initiateurs du plan Biotox avaient tranché, en octobre 2001, en faveur de chambres d'isolement dédiées en permanence à l'accueil de victimes plutôt que pour des chambres convertibles.
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"RÉACTIVITÉ MERVEILLEUSE"
Dans un courrier daté du 3 septembre, le chef adjoint de cabinet de Xavier Bertrand, le ministre de la santé, précisait que le départ récent du service d'hématologie, qui occupait un étage du pavillon où est hébergée une partie du service du professeur Bricaire, allait permettre le regroupement de ce dernier dans un seul bâtiment, dédié aux maladies infectieuses. La fin des travaux est prévue pour novembre 2006. La mise en conformité de la détection incendie sera effectuée au cours des travaux.
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La directrice de La Pitié et le docteur Philippe Bossi, chargé dans le service du professeur Bricaire de l'aile prévue pour l'accueil des premières victimes de maladies infectieuses émergentes, contestent la description de la CGT. "Depuis octobre 2001 et les lettres contenant de la poudre soupçonnée de contenir le bacille du charbon jusqu'à la préparation face à la grippe aviaire, en passant par les cas suspects de SRAS, l'équipe soignante a acquis de l'expérience" , indique le docteur Bossi.
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Le praticien hospitalier insiste sur "la réactivité merveilleuse du personnel, notamment infirmier". "Nous avons vérifié qu'en une heure, la partie où se trouvent les 15 chambres individuelles pouvait être vidée des malades qui l'occupent ­ même s'il n'est pas toujours facile de leur trouver un nouveau lit ­ et dédiée à l'accueil des cas suspects, assure-t-il. Le matériel est prêt pour chaque chambre, les protocoles de prise en charge sont écrits et le personnel les connaît par coeur."
Directrice du groupe hospitalier depuis septembre 2003, Anne-Marie Armanteras-de Saxcé précise que le professeur Bricaire a fait, sur sa suggestion, une intervention sur la grippe aviaire devant le comité local d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail.
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"Nous pouvons organiser l'accueil et le tri des patients à l'entrée de l'hôpital, ainsi que dédier certains bâtiments et équipements de laboratoire et d'imagerie à un circuit "sale", affirme-t-elle. Le personnel connaît les procédures d'hygiène hospitalière qui sont les meilleures protections. Nous disposons d'ores et déjà de stocks de masques de protection de type FFP2 pour le personnel et, en cas de pandémie grippale, du Tamiflu sera fourni à titre préventif."
Paul Benkimoun
Article paru dans l'édition du 30.10.05
Par RR - Publié dans : Santé
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Commentaires

c'est DRAMATIQUEMENT MINCE..
Commentaire n°1 posté par anne le 01/11/2005 à 22h38

Bonsoir ANNE,

un avis partagé sur le Drakkar Bleu Noir

la minceur tient au TOUT GESTION de CRISE or la GESTION de CRISE une affaire de spécialistes.

La Gestion de CRISE ne peut  être la SEULE reponse sauf si on veut aller dans le mur.

La réponse repose sur les DEUX piliers GESTION de CRISE et GESTION des RISQUES pour permettre aux professionnels de SANTÉ d'être véritablement ACTEURS .

Commentaire n°2 posté par Le Drakkar Bleu Noir le 01/11/2005 à 23h11
bonsoir, drakkar..et bien nous sommes d'accord, je crois
Commentaire n°3 posté par anne le 02/11/2005 à 00h59
Bonjour Drakkar,
une petite anecdote : mon amie Françoise travaille au C.H.U de Saint-Etienne, elle y est infirmière depuis 1978. Il y a 3 semaines, une dame âgée est arrivée dans le service par les urgences. Les soignants ont été informés que cette dame devait être mise en chambre d'isolement et qu'il fallait prendre des précautions particulières car elle pouvait être contagieuse. Les médecins suspectaient une...coqueluche!!!!
En 30 ans de boite, c'est la première fois qu'elle voyait ça, mais elle n'y a pas cru un instant. Elle pense qu'en fait, c'était une suspiçion de grippe, sans fondement certes, mais voilà comment on traite le problème pour l'instant.
Pour le moment, on ne leur parle absolument pas de la grippe, ils n'ont aucune préparation particulière, les masques de protection stockés dans le service n'ont pas la norme préconisée et les stocks sont toujours les mêmes.
Commentaire n°4 posté par peregrina touque le 02/11/2005 à 09h28
prépa zero aussi dans un hopital que je connais, un autre...le personnel ne sait pas..
Commentaire n°5 posté par anne le 02/11/2005 à 19h21

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